Arianna Huffington : « Nous nous donnons deux ans pour être rentable en France »

Posted on January 27, 2012

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« Le Huffington Post donne accès au meilleur du Web, grâce à des liens vers d’autres médias. »

Vous lancez le Huffington Post en France sur un marché de l’information en ligne déjà bien encombré : comment allez-vous vous différencier ? Le Huffington Post, c’est une combinaison de contenus originaux , d’agrégation, de blogs et de commentaires. Notre « plus », c’est de donner accès au meilleur du Web, grâce à des l i e n s v e r s d’a u t r e s médias. Il y a aussi des blogs de personnalités, comme le spécialiste de droit constitutionnel Guy Carcassonne ou l ’ humor i s t e Ni c o l a s Bedos, ou encore les carnets de campagne de Rachida Dati ou de Julien Dray. Autre différence, nos commentaires sont prémodérés, ce qui garantit une certaine qualité. Pourquoi avoir choisi Anne Sinclair comme directrice éditoriale ? Ne risque-t-il pas d’y avoir conflit d’intérêts lorsqu’il s’agira de couvrir les sujets liés à Dominique Strauss-kahn ? Anne Sinclair est la meilleure directrice éditoriale possible pour le Huff Post français : c’est une journaliste de grande expérience, qui s’intéresse à quantité de sujets. Elle a interviewé aussi bien des Premiers ministres que Madonna. Elle s’intéresse aussi aux nouveaux médias, comme le prouve son expérience à la tête de la filiale Internet de TF1, ou son blog sur la politique américaine. Quant aux sujets sur son époux, nous avons été très claires : ils seront traités exclusivement par Paul Ackermann, le rédacteur en chef. Les lecteurs jugeront sur pièces.

Combien de blogueurs allez-vous publier et que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de ne pas les rémunérer ? Nous avons conclu avec environ 200 blogueurs, sur des sujets très variés : la politique, l’économie, la culture… Et ce chiffre a vocation à augmenter. C’est notre politique de ne pas les payer : ils bénéficient de notre p ouvoir d’a t t ra c t i on e t de not re pl at e – forme technologique. Quels sont vos moyens et vos objectifs ? Nous avons une petite équipe éditoriale de 10 personnes, qui elle aussi a vocation à grandir. Aux Etats-unis, nous avons commencé avec 5 personnes, et il y a aujourd’hui plus de 350 journalistes ! Nous nous donnons deux ans pour atteindre la rentabilité. Mais nous n’avons pas fixé d ’o b j e c t i f s c h i f f r é s e n t e r mes d’audience ou de revenus. Nous aurons deux sources de revenus : la publicité « classique », au CPM (coût pour mille), et le sponsoring. Nous démarrons ainsi en France avec deux sponsors, L’oréal et Orange. Quel est le montant de l’investissement ? Nous ne donnons pas la somme que nous avons investie en cash. Ce que je peux vous dire, c’est que « Le Monde », qui détient 34 % du Huff Post français, et le holding de Matthieu Pigasse Les Nouvelles Editions Indépendantes, qui en possède 15 %, ont investi à eux deux la même somme que nous. Etes-vous satisfaite de vos débuts au Canada et au Royaume-uni ? Oui, le Huff Post Canada réunit 3,8 millions de visiteurs uniques [ s o u r c e c o ms c o r e e n n o v e mbre 2011, NDLR], notre audience y a été multipliée par quatre en l’espace de cinq mois. Au Royaume-uni, nous avons 3,5 millions de visiteurs uniques (source comscore) et nous avons connu une croissance de 50 % depuis notre lancement. Après la France, le plan de développement à l’international est-il fixé ? Oui, nous espérons lancer le Huff Post en Espagne en mars, en partenariat avec « El Pais », puis ce sera l ’ It a l i e ave c « L’ Es pre s s o » . En Europe, nous avons aussi des discussions avancées en Allemagne, où nous espérons conclure un partenariat le mois prochain, en Turquie et en Grèce. Nous nous lancerons aussi au Brésil avant la fin de l’année. Et nous aimerions nous développer au Moyen-orient, mais nous n’en sommes qu’au stade des discussions. L’intégralité de l’interview sur lesechos.fr/techmedias

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